l’Economie Sociale et Solidaire

UEPS 2015 : ESS

L’économie Sociale et Solidaire

Nous défendons les positions ci-dessous :

 L’Economie Sociale et Solidaire, vers un modèle économique plus ouvert et plus coopératif.

Qu’est-ce que l’ESS ?

Roland Berthilier, président de l’Esper (L’Economie Sociale Partenaire de l’Ecole de la République) : « ce qui manque aujourd’hui aux projets politiques, c’est de faire cohésion, en donnant du sens et des perspectives. C’est de responsabiliser les citoyens pour qu’ils soient à la fois acteurs/consommateurs et décideurs ». C’est justement ce qu’offre l’économie dite sociale et solidaire.

Carole Delga, ex secrétaire d’Etat à l’ESS, « L’ESS est une économie de proximité, qui bénéficie à tous et qui crée de l’équité entre les territoires, c’est une alliance entre travail et capital qui marie harmonieusement performance économique et utilité sociale. Qui marque la révolution de l’innovation sociale et qui est profondément et irrésistiblement tournée vers l’être humain ».

L’ESS présente une voie sociale et sociétale qui est utile à l’ensemble de notre société pour sortir d’un modèle inefficace à terme et de plus en plus lourd à supporter chaque jour. C’est un outil pour lutter contre le fatalisme économique libéral, ne pas se résoudre à subir l’emploi dans un mode de fonctionnement qui rapporte toujours plus à quelques propriétaires et toujours moins à la grande masse des salariés ou de leurs familles.

Les entreprises de l’ESS ne se cantonnent pas au secteur non marchand et à l’insertion des exclus. Ce qui les distingue des autres entreprises, c’est leur mode d’organisation et leur finalité sociale. Une manière concrète de « Mettre l’Economie au Service de l’Homme » qui est défendue, peut et doit être appliquée au-delà des structures de l’ESS, pour pouvoir « Faire Société ». L’ESS n’est qu’un point de départ, et les principes vertueux qui l’animent peuvent être appliqués dans toute l’économie. Chacun, dirigeant, salarié ou élu, peut et doit agir pour faire progresser les entreprises dans cette direction.

Comment ?

En se rappelant que l’emploi est largement issu de PME et TPE, et pas uniquement de grands groupes mondialisés.

L’ESS représente à ce jour 15% de notre Economie. Ses  bienfaits rayonnent au-delà de ces 15%. Ils peuvent et doivent même être appliqués dans un encore plus grand nombre d’entreprises. C’est bon pour nous tous, les citoyens, mais aussi pour ces entreprises. En étant plus ouvertes, plus vertueuses, elles se rendent plus efficaces et plus pérennes.

Chacun peut décider d’œuvrer en ce sens.

Au-delà de l’ESS : la gouvernance partagée !

La gouvernance partagée donne à chacun la liberté de décider et d’agir, en connaissance de cause, et à l’ensemble, le groupe des salariés, la possibilité de participer aux décisions importantes pour l’entreprise, que ce soit le choix des dirigeants, les stratégies de développement ou l’activité même de la société. Il s’appuie sur le principe « une personne / une voix » et non pas « une action / une voix » et rend les salariés égaux en droits et en devoirs.

Responsabiliser chaque salarié est une voie de performance pour les entreprises. Ce mode de fonctionnement issu de l’ESS se développe dans toutes les entreprises qui cherchent à être plus efficaces malgré la crise et s’appuie sur leur richesse : les équipes qui les composent.

Ce changement est possible et bénéfique pour toutes les parties prenantes des entreprises (clients, fournisseurs, autorités de tutelle, collectivités, citoyens, …). C’est un moyen d’engager une démarche d’entreprise rentable et cohérente avec les pouvoirs publics, de démontrer que les salariés peuvent s’emparer de leur entreprise, et d’établir un partage durablement équitable des richesses produites.

 En quoi l’ESS est-elle un projet économique socialiste qu’il faut encourager, et comment ?

Le socialisme doit « rechercher la vérité et la dire ». Or, la vérité n’est pas aujourd’hui dans la compétition, mais dans la recherche de mutualisation des ressources, dans la coopération, dans une intelligence collective qui permet de décupler la créativité de chacun, où chacun trouve sa place, comprend l’intérêt collectif et y apporte sa pierre chaque jour et …en est fier.

L’ESS et son rayonnement permettent de voir que ce changement correspond à des faits mesurables et qui peuvent être accompagnés : le rapport à l’argent change, comme le rapport aux autres, sur base d’une logique profondément humaniste et non pas capitalistique comme notre modèle actuel.

Une véritable politique économique alternative doit en découler, et le gouvernement a mis en place sa première pierre à l’édifice avec la loi sur l’ESS. Cette nouvelle vision et ce nouveau champ des possibles peuvent faire une vraie différence. Cette approche permet de relier l’entreprise au salarié et le citoyen à l’intérêt politique. Elle permet de redonner de l’espoir et de la confiance.

Le parti socialiste doit dessiner de nouvelles lignes d’avenir et l’ESS peut en être le crayon. Si on s’adresse au citoyen en lui parlant de ses vraies préoccupations, il nous écoutera. Tout comme l’ESS créée une intelligence collective dans l’entreprise, le PS peut se transformer pour donner une plus grande place au travail collectif.

4 enseignements de l’ESS :

  • L’efficacité de faire Société : l’entreprise est un ensemble plus efficace lorsque chacun est impliqué, le recours à l’intelligence collective contre le système pyramidal
  • la création d’emplois par le partage des richesses produites plutôt l’appropriation capitalistique
  • l’Economie mise au service de l’homme via la transformation du rapport de l’homme à l’entreprise
  • la nécessité d’une action pour financer ces entreprises vertueuses

En quoi cela peut changer les pratiques démocratiques actuelles ?

  • favoriser le tissu économique local et favoriser la dynamique du territoire.
  • Inscrire la solidarité et le partage dans le mode de vie professionnel de nos concitoyens.
  • construire un changement démocratique citoyen
  • modifier la relation entre capital et travail

Il faut remettre de l’équilibre dans le système financier qui présente trop d’injustices et d’aberrations. Chacun doit retrouver sa place. Cela passe par différentes propositions politiques qui ont déjà pu être formulées comme le partage du travail, la séparation entre les banques, la taxation des patrimoines accaparés par les ultra-riches, mais cela passe aussi, plus fondamentalement, par le soutien à un mouvement qui part de la base, un mouvement qui rende le pouvoir aux salariés via l’ESS.

Pour ce faire, on peut encore aller plus loin que la très bonne loi qui vient d’être votée. Il faut déjà que les personnes qui seront chargés d’accompagner les entreprises de l’ESS dans les DIRECCTE ou à la BPI soient formés, sensibilisés et incités à prendre le sujet en main pour la transformation de la société.

On peut également créer une fiscalité encourageante, en fonction de critères d’intérêt général et du respect des engagements. Nous pouvons ainsi rejoindre la proposition du CJD de créer un Contrat d’Objectifs et de Moyens pour des Entités Responsables qui serait un outil à disposition de toutes les entreprises, quels que soient leur statut et leur secteur économique, qui réalisent des missions d’intérêt général et des actions au service de la collectivité. Par le biais d’un bilan sociétal qui regroupe les évaluations sociales, sociétales, économiques et environnementales, l’Etat pourrait valider la sincérité de la démarche engagée. De nombreuses entreprises sont déjà engagées dans une démarche similaire, notamment toutes les PME et TPE adhérente du CJD depuis 20 ans, ce qui représente plusieurs dizaines de milliers d’entreprises et des centaines de milliers de salariés.

En conclusion :

L’ESS montre la voie d’une économie de coopération et de respect de l’humain. Chacun a les moyens de s’en emparer et d’en faire un outil concret de lutte contre le libéralisme dominant. Emparez-vous du sujet, dans vos entreprises, ou parmi vos proches, documentez-vous, expliquez, transmettez, incitez, pour que nous puissions transformer la société en transformant les entreprises.

C’est bon pour notre vivre ensemble, et c’est excellent même pour nos entreprises !  

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