« Le pacte de stupidité »

Ce samedi 21 juin, 9 dirigeants européens dits « socio-démocrates » se sont réunis à l’Elysée afin de définir une position commune concernant la gouvernance européenne. L’occasion pour Matteo Renzi, le nouveau président du conseil italien, de défendre sa proposition de réorientation de la politique économique des Etats d’Europe : assouplir le « Pacte budgétaire européen » (TSCG, ou pacte « Merkozy »), qu’il n’hésite pas à qualifier de « Pacte de stupidité ». Une proposition identique à celle formulée par Françoise Hollande lors de son discours du Bourget, et soutenue implicitement par le FMI. Une opportunité à saisir.
Dans la lignée de la logique économique imposée en Europe, le « pacte budgétaire européen » durcit les conséquences des dépassements budgétaires des Etats. Ce faisant, il rend encore plus limitées les marges de manœuvre des pays en proie aux situations économiques et sociales les plus sévères. Entraînant une généralisation des politiques d’austérité en Europe, il y a même renforcé le ralentissement économique. Une situation confirmée par le FMI qui s’est inquiété que le Pacte de stabilité « décourage l’investissement public » et a préconisé que les règles soient simplifiées.
Il existe pourtant une autre voie envisageable, autour de l’augmentation des recettes des Etats. Celle-ci pourrait notamment être obtenue via des prélèvements plus importants sur les patrimoines des européens les plus fortunés ou une véritable taxe européenne sur les transactions financières. En complément, le financement de la dette des Etats sans passer par les marges des banques privées mais en direct par la BCE ou la Banque Publique Européenne, permettrait d’équilibrer les budgets sans réduire les investissements et dépenses publiques. Et donc de permettre la relance économique et sociale en Europe.
En s’appuyant sur un axe franco-italien, et sur les craintes formulées par Christine Lagarde au nom du FMI, c’est une opportunité historique qui se présente, pour une réorientation de la politique budgétaire européenne vers une relance économique par les Etats. C’est en ouvrant ce front socialiste et en pesant de tout le poids économique des Etats concernés que nous pourrons obliger l’Europe libérale à prendre en considération les attentes économiques et sociales de nos concitoyens.
L’affirmation de cette dynamique volontaire commence par ne pas soutenir Jean-Claude Juncker à la présidence de la commission. Les dirigeants européens socialistes doivent affirmer leur différence politique en s’unissant contre un candidat de droite. Transiger avec la droite ne fera que renforcer le risque d’un glissement populiste de nos démocraties. Soutenir Juncker, c’est donner un argument à Marine Le Pen.
Porte-parole de NVS, le think-tank militant
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Rassemblements pour la gauche

En réaction aux résultats des dernières élections, les différents partis de gauche (PC, PS, EELV, ND, …) ont entamé des rencontres afin d’évoquer ensemble les possibilités de rassemblement de la gauche. 

Une telle réunion s’est tenue samedi 14 juin, organisée par « Un Monde d’Avance », et regroupant Pierre Laurent (PC), David Cormand (EELV), Henri Emmanuelli (PS), Laurent Baumel (PS, Appel des 100), Jean-Marc Germain (PS, Appel des 100), Marie-Noelle Lienemann (PS) et Rémi Demersseman-Pradel, membre du Bureau National du PS et porte-parole de NVS, le think-tank militant. 

Le texte ci-dessous est celui de son intervention à cette occasion.


La voix des simples militants
Membre du Bureau National du PS, j‘y représente les militants de la Motion 4, « Oser. Plus loin, plus vite. », qui ont choisi de s’indigner derrière Stéphane Hessel avec lequel nous avons dit, dès 2012, que les choix économiques du gouvernement n’allaient ni assez loin ni assez vite pour transformer notre société. Je suis également un simple militant puisque je ne suis pas élu. C’est une de nos spécificités : nous sommes des citoyens, des ouvriers, des enseignants, des dirigeants d’entreprise, mais pas des professionnels de la politique, ni des élus. C’est la voix des simples citoyens que nous voulons représenter.
Comment rassembler la gauche ? J’aurais envie d’abord d’évoquer le malaise qui traverse la gauche. Celui du militant, de l’élu, du fonctionnaire. Le malaise du créateur, de l’associatif, de l’autoentrepreneur. Le malaise des étudiants, des lycéens, du retraité, de l’immigré, du syndicaliste. Ce malaise c’est celui de l’absence de perspective: aujourd’hui nos concitoyens ont l’impression que le socialisme au pouvoir se réduit à la diminution des dettes, sans perspectives de transformation de notre société.
Mais la fuite des militants et des électeurs n’est pas seulement celle de notre idéal. C’est aussi celle de la réussite. La voie choisie plonge tout le monde dans l’incertitude, la peur d’un échec pour notre vivre ensemble. La réduction des budgets est une réduction des politiques publiques qui sont la base de ce vivre ensemble. La captation des richesses par quelques-uns, l’absence d’une transformation économique impulsée par une politique active contre le système financier, en est l’illustration. Je rappelle que l’année dernière 500 français se sont enrichis de 80 milliards € tandis que 900.000 des nôtres sont tombés sous le seuil de pauvreté, que la France a connu plusieurs dizaines de milliers de chômeurs supplémentaires et que la croissance n’est pas revenue.
Face à de tels résultats, tout conseiller économique dirait à l’Elysée de changer de politique. Sauf si c’est un ancien de la bank of America.
C’est là qu’est le malaise, et ce malaise est mobilisateur.
Cette mobilisation, nous l’avons constatée lors des 2 votes qui viennent d’avoir lieu. Quelle Tristesse. Quel terrible résultat ! Avec ces 2 sanctions, français n’ont pas dit qu’ils ne comprenaient pas la politique menée, mais qu’ils la refusent. La non-distribution des richesses depuis 2 ans, la séparation incomplète des banques, la non-inversion de la courbe du chômage, l’augmentation de la TVA, l’allongement de la durée de cotisation des retraites, le report perpétuel du retour à la croissance, etc … D’ailleurs il est triste de continuer à se méprendre ainsi concernant la croissance. Cela fait 40 ans que, malgré tous les plans, il est impossible de retrouver une croissance suffisante pour relancer à elle seule durablement l’emploi. Nous pouvons donc enfin admettre qu’elle ne reviendra probablement pas, apprendre à vivre sans croissance économique. Il est temps d’arrêter de croire que la croissance reviendra, comme il ne faut pas croire que les électeurs recommenceront tout seul à voter à gauche lors d’un prochain cycle électoral.
Nous vivons moment historique aux conséquences pas anodines. Les partis traditionnels, et notamment le socialisme du PS, n’incarnent plus l’espoir. La gauche n’incarne plus l’espoir… Lors des européennes, seuls 6% des électeurs ont voté socialiste. 6%… Nos partis traditionnels sont trop fermés aux débats et trop souvent occupés à choisir des candidats ou négocier ces candidats entre eux. Il ne faut pas oublier que « le socialisme c’est chercher la vérité et la dire ». C’est ce que les français attendent de nous ! Les français sont en colère, ils n’en peuvent plus de nous ! Ils se sentent perdus et ils votent tout sauf nous ! Ils n’en peuvent plus d’une politique qu’ils ne reconnaissent pas, une politique pour laquelle ils n’ont pas voté et qui ne marche pas.
S’adresser aux citoyens
À gauche, en plus de ces problèmes de fond, nous avons également  perdu la bataille de la communication et de la solidarité. Les résultats des élections municipales et européennes ont montré que les idées développés par l’extrême droite, relayées par une certaine droite et peu combattues par une certaine gauche, ont conquis les citoyens à travers tous les moyens de communication. Le FN, avec 2.500 militants entrainés à cet exercice, dans leurs tracts, sur les marchés, dans les médias, sur les blogs, sur les réseaux sociaux, ont diffusé leurs idées, surtout en direction des jeunes, juste comme des évidences, sans développer le moindre début de solution. Et ça a marché.
Et nous, qu’avons-nous fait pour communiquer en masse auprès de tous ces citoyens en déshérence ? Auprès de tous ces jeunes (et moins jeunes d’ailleurs) rompus aux technologies nouvelles de communication, auprès de tous les médias et moyens de communication ? Il y a là matière à réflexion et plan d’actions, si nous voulons rassembler la gauche.
Il y a aussi des appels à solidarité qui ont été nombreux. Des grèves devant les entreprises en danger de pertes massives d’emplois, des mobilisations syndicales, des manifestations perlées mais importantes d’associations, …, tous appelant à l’aide, au soutien et à des mesures les touchant directement. Aujourd’hui il y a une grève dans les transports (SNCF, mais pas que), une mobilisation importante des intermittents du spectacle, …
Et qu’avons-nous fait, que faisons-nous pour nous porter à leur écoute, pour leur porter notre soutien, notre solidarité et nos solutions ? Nous débattons beaucoup entre nous, sans nous adresser vraiment à eux, loin de leurs préoccupations premières et de leur demande d’écoute et de considération. Il y a là aussi matière à réflexion et plan d’actions.
Si nous ne nous attaquons pas à ces deux questions, alors il ne faudra pas s’étonner du désintérêt pour le politique, de l’augmentation de l’absentéisme aux élections, du succès des extrêmes,  mais surtout du succès de tous ceux qui tiennent les pouvoirs et ne veulent pas ni les remettre en cause, ni les partager. Alors, si nous voulons changer la société pour un autre développement, harmonieux et plus distributif (le « bien vivre »), si nous voulons rassembler les citoyens de gauche, il faudra d’abord trouver les solutions à l’écoute, la communication et la solidarité, faisant cruellement défaut là où on souffre le plus.
De l’espoir et des propositions
Sur un plan économique nous avons fait des propositions : accepter l’absence d’une croissance qui viendrait de l’extérieur pour sauver la France, engager une démarche volontariste de redistribution des richesses spoliées par quelques-uns au détriment de l’ensemble de notre population, taxer le patrimoine en remplacement des revenus, séparer réellement les banques, permettre à la BCE de financer les Etats, redonner un rôle à la monnaie, instaurer un revenu de base universel, répartir le travail, … 
Ce sont des propositions sur lesquelles nous appelons à travailler toutes celles et ceux qui veulent redonner à la gauche une position de transformation de la société, « faire société ». Nous sommes déterminés à permettre tous les apports possibles à cette réflexion, au sein de toute la gauche, et nous apporterons notre énergie dans ce travail fondamental pour l’avenir.
Car tout cela constitue un programme de gauche. Un programme qui peut être mené par une alliance de toute la gauche. Nous sommes, par notre lien à Stéphane Hessel, très attachés au Conseil National de la Résistance. Le CNR a été la démonstration qu’un rassemblement était possible, à la suite d’une catastrophe. À nous de le faire cette fois AVANT la catastrophe démocratique. Nous pouvons réenchanter la gauche !
Un nouveau rapport aux citoyens
Il existe une autre proposition qui est autant une demande de la population qu’une bonne logique dans le contexte actuel : nous devons changer rapidement nos pratiques. Organisons un vrai travail démocratique ouvert au-delà de nos partis. Un vrai travail collaboratif. C’est l’attente des français. Les français sont connectés, en réseau, simplement. J’ai été marqué par le résultat d’un nouveau parti qui, en 6 mois, avec des pratiques nouvelles, a réuni 8.000 adhérents et 570.000 voix. 570.000 voix… C’est bien le signe que les citoyens sont intéressés par la politique. D’ailleurs, les mouvements citoyens progressent, comme « bleu-blanc-zèbre » et autres. Cela confirme que les citoyens s’intéressent à la politique. D’une nouvelle manière que nous devons apprendre pour que la gauche reste dans la course.
Et puis, ne laissons plus les think-tank d’experts et les fondations dire ce que doit être notre politique. De la même manière qu’il faut défendre les services publics en ne les confiant pas à des prestataires extérieurs, nos mouvements et partis politiques ne doivent pas laisser à d’autres leur travail de réflexion. Ce travail doit être réalisé en notre propre sein, avec notre population militante et au-delà. Les partis ne sont pas des réserves de bras pour distribuer des tracts, ce sont des lieux de réflexion et de vie des idées.
C’est notre responsabilité
Avec cette ouverture de la réflexion a l’ensemble de la population, avec une approche terrain de la solidarité, avec également des mesures redistributives des richesses, en prenant acte du changement de monde qui est le nôtre, un monde sans croissance économique, nous pouvons maintenir la gauche dans une dynamique de réelle transformation sociale. Nous pouvons le faire et c’est NOTRE responsabilité pour la gauche, pour les français.
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La dernière « fournée » de Le Pen : ne passons pas à côté de l’essentiel

Par Rémi Demersseman-Pradel, 
Porte-parole de NVS, le think-tank militant



La nécessité d’un combat structurel

La France et les réseaux sociaux ne bruissent que de cela : la dernière énormité assénée par Jean-Marie Le Pen qui annonce vouloir faire tuer différents artistes engagés publiquement contre le FN (« on fera une fournée la prochaine fois », 6 juin 2014). Les débats tournent autant autour de cette phrase que des réactions de son parti et de ses responsables, sa fille et son gendre en tête. Comme une occasion de pointer du doigt l’évidence : derrière le lissage médiatique (la « dédiabolisation ») se cache « un parti par nature raciste et xénophobe » (J. Chirac, 23 mars 1998). Mais est-ce ainsi qu’on combat efficacement le Front National ? Par cette approche conjoncturelle, ne passe-t’on pas à côté de l’essentiel, d’un combat structurel qui soit d’abord en faveur de notre Société avant d’être contre les idées populistes, racistes et xénophobes ?


Une nouvelle approche s’impose

Le Front National regroupe plus de 4,7 millions d’électeurs en 2014, que certains disent issus du « périurbain » (ni à la campagne ni à la ville, mais dans les bouchons entre les 2), et d’autres « moins instruits » que la moyenne des électeurs. Mais cette volonté de protéger notre démocratie en catégorisant voir dénigrant les électeurs FN est un danger autant qu’une erreur. Une erreur car les électeurs FN ne sont pas issus d’un modèle unique qu’il serait aisé de critiquer pour son racisme ou son manque d’intelligence, mais un ensemble dont le nombre augmente au long de la désillusion humaine. Ils ne sont même pas racistes et xénophobes, ils sont déçus. Un danger car la démocratie est affaiblie lorsqu’une catégorie d’électeurs est dénigrée au titre que son vote ne satisfait pas l’élite au pouvoir. On ne peut pas écarter 4,7 millions d’électeurs du droit de vote, et ce d’autant moins s’il s’agit du plus grand nombre de suffrages d’une élection. Le combat contre le FN ne peut passer que par une nouvelle approche envers l’ensemble des citoyens de notre pays.

La nécessité de recommencer à « faire Société »

La progression du Front National dans notre système démocratique et l’incapacité de notre classe politique à lui faire face démontrent l’échec de l’approche politique actuelle. Par les pratiques de professionnels sans représentativité de la population, par l’absence de résultats économiques, par l’absence de perspectives d’avenir et d’une démarche compréhensible à laquelle ils puissent adhérer, les citoyennes et citoyens se mettent en distance du système politique. Ils sont autant désenchantés par le traitement que notre Economie leur réserve que par l’incapacité des politiques à le modifier. C’est par une politique économique repensée, en rupture avec celles menées depuis 70 ans, libéralisme ou social-libéralisme, que nous pourrons relancer le « vivre ensemble », recommencer à « faire Société ».

Des propositions

Au sein de NVS, nous avons déjà lancé plusieurs débats : sur les liens entre Etats et entreprises, sur la monnaie comme outil de relance économique, sur l’Europe. Ces débats s’inscrivent dans notre volonté d’ouvrir de nouvelles perspectives qui permettent de recommencer à vivre ensemble, à « faire Société ». Nous avons voulu rendre ces débats accessibles au plus grand nombre, que chacun puisse s’approprier les sujets et exprimer son avis. Nous ouvrons ce mois-ci un 4ème débat, cela de la grande réforme fiscale. Autour de la proposition de « Taxe sur l’Actif Net » formulée par le Comité Bastille, nous voulons tracer la voie d’une réforme qui permette de

Nous vous invitons à participer à cette conférence-débat du 24 juin, 19h, à l’Assemblée Nationale. Agissons concrètement pour permettra de réduire l’influence du populisme sur notre démocratie. Au sein de NVS, nous croyons que c’est ainsi que la politique peut reprendre le contact avec les citoyens. 

Nous voulons #faireSociété. C’est l’enjeu, et c’est ce qui permettra de combattre les « fournées » de Jean-Marie Le Pen.
Porte-parole de NVS, le think-tank militant 
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Invitation – rencontre « pour un sursaut des socialistes et de la gauche » les 20, 21 et 22 juin

Une rencontre « pour un sursaut des socialistes et de la gauche » est organisée les 20, 21 et 22 juin à Bellerive-sur-Allier. Notre association NVS est co-organisatrice, avec d’autres organisations socialistes : Maintenant la gauche, Un monde d’avance, Démocratie et socialisme, « Les socialistes affligés », l’Appel des « 100 Socialistes contre l’austérité », « Oser. Plus loin, plus vite. ».

Il s’agit d’un temps de travail et d’échanges autour de solutions alternatives crédibles à la politique économique actuelle. Ce rassemblement est ouvert à tous ceux qui à gauche estiment indispensable un changement de cap.

Nous invitons donc chaque membre de NVS, chaque personne intéressée par les idées socialistes, à être présent lors de cette rencontre de Bellerive-sur-Allier.


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Les français ne veulent plus des anciennes pratiques politiques.

Lors des dernières élections européennes, après les municipales, les français ont adressé à la gauche une 2ème sanction successive. Sanction vis-à-vis de la politique gouvernementale, mais aussi sanction vis-à-vis des pratiques politiques. Cette sanction ouvre des perspectives pour celui qui saura la décrypter et s’y adapter.

Par Rémi Demersseman-Pradel, 
Porte-parole de NVS, le think-tank militant
Quel terrible résultat !
Le vote du 25 mai 2014, catastrophique pour le gouvernement en place (13%, un record en France !), qui intervient après huit semaines d’explications supplémentaires sur sa politique, est l’expression non-pas d’une incompréhension, mais d’un rejet profond. Les français ont sanctionné la non-distribution des richesses, la séparation incomplète des banques, l’austérité, la non-inversion de la courbe du chômage, l’augmentation de la TVA, l’allongement des retraites, l’absence de retour de la croissance…
Le gouvernement et une bonne partie de la gauche continuent d’ailleurs de se méprendre au sujet de la croissance. Cela fait 40 ans qu’une croissance durable a disparu, il est temps d’admettre qu’elle pourrait ne jamais revenir et d’arrêter de tout miser sur son retour. Continuons certes d’essayer de la faire revenir, mais apprenons surtout à vivre sans. Travaillons à améliorer dès à présent le vivre ensemble, sans croissance, dans ce contexte qui s’impose à nous depuis maintenant 40 ans. Ce faisant, nous redonnerons un sens à notre démarche politique, nous redonnerons une perspective socialiste aux français. C’est leur attente.
Les français ne veulent plus des anciennes pratiques politiques.
Il y a un vrai danger à ne pas comprendre ou refuser d’admettre le changement fondamental d’attente des français, à penser que la croissance reviendra, que les places en politique sont garanties ou qu’un prochain cycle électoral permettra de récupérer les mandats qui viennent d’être perdus. Car nous vivons moment historique, aux conséquences irrémédiables.
Les partis traditionnels n’incarnent plus l’espoir aux yeux des français qui s’en écartent irrémédiablement. Il faut prendre conscience que, lors des européennes, seulement 6% des électeurs ont voté socialiste… Par leurs pratiques, les partis donnent des signaux négatifs aux français. Ainsi, le PS, en refusant d’ouvrir au-delà de lui-même les discussions sur la politique gouvernementale, en n’appliquant pas ses propres règles en matière de cumul des mandats ou par ses pratiques lors de la constitution des listes, a oublié que « le socialisme c’est chercher la vérité et la dire ». De la même manière l’UMP, à travers ses dernières affaires, a démontré qu’il continuait d’user de pratiques dont les français ne veulent plus.
En maintenant fermés les partis traditionnels, notre classe politique se trompe lourdement ! Les Français sont en colère, et ils n’en veulent plus ! Ils ne veulent plus d’une politique qu’ils ne reconnaissent pas, une politique pour laquelle ils n’ont pas voté et qui ne marche pas et, par extension, ils ne veulent plus de ceux qui la portent. C’est ce qu’ils nous ont dit lors des derniers votes. Ils se sentent perdus et votent tout sauf cette classe politique !
En prenant conscience de cette situation et en agissant à ce sujet, le PS a l’occasion d’être à l’avant-garde sur ce sujet et de s’ouvrir des perspectives !
De l’espoir existe !
Des propositions existent. Depuis 2 ans, nous en avons faites : taxer le patrimoine en remplacement des revenus, instaurer un revenu de base universel, repartir le travail et les richesses… Un programme socialiste ! Nous pouvons réenchanter le socialisme !
Ce programme peut être mené par une alliance de toute la gauche. Par nos racines d’indignés, nous sommes attachés au Conseil National de la Résistance. Il y a 70 ans, le CNR a été la démonstration que, dans des circonstances exceptionnelles, une alliance large est possible. Il est de notre responsabilité de réaliser cette alliance de toute la gauche, cette fois-ci AVANT que les mêmes circonstances exceptionnelles ne se produisent !
Changer les pratiques, appliquer les règles, être exemplaires !
Nous devons également changer rapidement les pratiques dans les partis, à chaque niveau. Faisons appliquer les règles, par exemple le non-cumul des mandats, dans l’espace et dans le temps, inscrit dans les règles du Parti Socialiste. Ne pas l’appliquer est une faute politique. Soit le PS applique le non-cumul, soit il le retire de ses règles. Les français attendent de la cohérence, la nouvelle classe politique doit être exemplaire.  
Organisons également un vrai travail démocratique ouvert à toute la gauche, au-delà du PS. Pas un congrès à l’ancienne, qui oppose des courants pour des enjeux de pouvoir et dont les français n’ont rien à faire. Ce qu’il faut, c’est un vrai travail collaboratif, à l’image des français. Les français sont connectés, en réseau, très simplement. Il est frappant de constater qu’un nouveau parti, créé il y a 6 mois, a, sur la période, regroupé plus 8.000 adhérents et obtenu plus de 500.000 voix à une élection. 500.000 voix… Qui, parmi la classe politique « classique », peut se targuer d’avoir fait aussi bien en partant de rien, en si peu de temps ?
Ce résultat est bien la démonstration que les français s’intéressent à la politique, qu’ils ont une attente politique et sont prêts à s’engager. Les dirigeants d’entreprises, les citoyens, chaque jour, dans leurs actions quotidiennes, FONT DE LA POLITIQUE. Les mouvements citoyens progressent, comme le mouvement bleu-blanc-zèbre, et d’autres. C’est la démonstration que les citoyens s’intéressent à la politique, d’une nouvelle manière que nous devons apprendre si nous voulons rester dans la course.

Nous pouvons nous insérer dans cette dynamique. Nous pouvons le faire et c’est NOTRE responsabilité.
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