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Prôner la sortie de l’Euro est une impasse économique !

« Prôner la sortie de l’Euro est une impasse économique ! »

Par Jérôme Verger, Co-fondateur
& Trésorier de Nouvelle Voie Socialiste, « think-tank » militant

Le 15 mai dernier, l’institut de sondage nous annonçait le parti de Marine Le Pen à 25 % des voix, soit en tête à l’issue de scrutin devant l’UMP et le PS. Devenant au soir du 25 mai prochain, de fait le premier parti de France, il s’agirait d’un coup de tonnerre bien plus fort que le 21 avril 2002 ayant vu l’éviction au 2e tour du candidat socialiste à l’élection présidentielle. Cette fois-ci en effet, le Front National sera devant un parti républicain. A l’approche de ce scrutin majeur, NVS revient sur la plus veille proposition du parti extrême-droite new-look et décrypte son impasse économique. 

La critique du système monétaire européen est légitime et même nécessaire… 


Le Front National comme tout citoyen n’aura aucun mal à trouver des arguments pour dénoncer les imperfections de la monnaie en vigueur dans désormais 18 pays en Europe. En effet, de nombreux économistes considèrent qu’une zone monétaire réunissant des pays aussi hétérogènes n’est durable que si elle est accompagnée de mécanismes de transferts financiers entre Etats. Personne ne peut nier les préjudices sociaux entrainés par les politiques d’austérité actuelles dans les pays en crise de la zone euro. Des analyses récentes ont aussi démontrées que la surévaluation de l’euro a nui à l’industrie française et ces capacités commerciales à l’export.


Au contraire, dans l’esprit du parti de Marine Le Pen, l’avantage du retour au franc serait double : le retour de la compétitivité de la France par une dévaluation de sa monnaie de « 20 à 25% » et le désendettement de l’Etat en s’affranchissant de la tutelle des marchés car la France serait supposé avoir recouvré sa souveraineté monétaire en autorisant le financement direct du déficit budgétaire par la Banque de France.


…Mais sortir de l’Euro comporte bien des dangers ignorés par le FN…


Pourtant le FN sous-estime complètement les conséquences d’un retour au Franc. Parallèlement à cette solution prétendument miraculeuse, le FN propose deux mesures contradictoires avec la restauration de la compétitivité : l’augmentation massive des salaires inférieurs à 1.500 € nets et celle des droits de douane, inévitablement renchéris par nos partenaires commerciaux en représailles, et entravant de fait les exportations. La forte dévaluation aurait de lourdes conséquences sur le pouvoir d’achat car celle-ci augmenterait le prix de tous les biens et les services importés. 

             
De plus, sortir de l’euro se traduira incontestablement par une grimpée des taux d’intérêt par la crainte par les marchés financiers devant la montée du risque de change, l’anticipation d’une accélération de l’inflation, voire un risque de défaut. La dette extérieure de la France est libellée en euros et le retour du franc alourdirait donc mécaniquement son poids. Imaginons qu’un parti prônant l’abandon de l’euro arrive aux responsabilités gouvernementales en France, il provoquerait immédiatement une fuite de l’épargne étrangère et française avant même que la dévaluation ne soit effective.


Et ce n’est pas la proposition du FN d’une « sortie ordonnée et organisée » de l’euro, négociée en amont avec les partenaires de la France, qui règlerait le problème car elle suppose que tous les membres de la zone se mettent d’accord pour supprimer leur monnaie commune, ce qui est une pure illusion…


Enfin, pour prévenir la fuite des capitaux étrangers provoquée par leur propre politique, le FN imagine l’instauration d’un strict contrôle de ces capitaux visant à les empêcher de sortir du territoire national. On imagine aisément que les capitaux ne pourraient dans ces conditions être obligés à entrer. Quelles en seraient les conséquences ? L’inévitable diminution des financements extérieurs dont dépendent l’Etat, les entreprises ou encore les banques. Le crédit se ferait encore plus rare avec des conséquences dommageables sur l’économie.


Face à la menace populiste, il est urgent de réformer de la zone euro…


Paradoxalement, les victoires annoncées des partis anti-européens (FN en France, UKIP en Grande-Bretagne, FPÖ en Autriche, Mouvement 5 Etoiles en Italie, PVV aux Pays-Bas…) peuvent avoir l’utilité de faire prendre conscience aux mouvements progressistes garant de l’unité de la zone euro de l’urgence de la réforme à mener. Et les propositions sur la table ne manquent pas : création d’une chambre parlementaire de la zone euro redevable de son action politique devant le peuple et la doter d’un gouvernement économique, le renforcement des coopérations économiques entre les Etats, la solidarité budgétaire entre les Etats de la zone euro face à la spéculation des marchés financiers, le financement de la dette des Etats directement par la Banque Centrale Européenne (BCE) et non par l’intermédiaire des banques, le changement du mandat de la BCE pour une politique monétaire plus favorable à la croissance et à l’emploi…


Le 25 mai prochain, il est donc plus que nécessaire de voter pour tous les partis progressistes et de gauche formulant des propositions pour réformer la zone euro, plutôt que ceux proposant le statut quo ou son démantèlement. L’abstention des citoyens européens ne doit pas livrer l’idéal européen aux populistes alors que des solutions existent et sont à portée de la main. 



Jérôme VERGER

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L’Europe c’est maintenant.

Le constat : en l’espace de deux générations, nous sommes passés de l’Europe des visionnaires à l’Europe des gestionnaires, pour ne pas dire des comptables. Pas de quoi donner envie d’Europe.

En Europe, des pays sont mis au pain sec. Aux Grecs, aux Espagnols il ne reste que le soleil, cette richesse de ceux qui n’ont plus rien. Ce n’est pas l’ Europe que nous avions rêvée. A quoi aura servi l’Europe si des familles sont ruinées, des populations humiliées et des états au bord de la faillite ?

L’Europe apparaît de plus en plus comme ce pays où l’on n’arrive jamais. 

La crise actuelle n’explique pas tout. La crise de l’Europe s’explique, comme toutes les crises,  par des causes lointaines et des causes immédiates.

Parmi les causes lointaines, le refus obstiné de tous les dirigeants qui se sont succédé de répondre à deux questions toute simple :

  • Quelle Europe voulons nous ? Espace économique ou acteur du monde ?
  • L’ Europe est-elle un espace ou un territoire ? Question fondamentale car on est citoyen d’un territoire, pas d’un espace. On se bat, si nécessaire, pour défendre un territoire, pas pour défendre un espace. Question d’actualité avec le problème actuel de l’Ukraine.
L’Europe à 28, ne marchera jamais du même pas. Mali, Centre-Afrique, Ukraine, l’Europe est incapable de parler d’une même voix.

En Europe, on fait chambre commune, mais rêve à part.

Il est temps pour les pays qui veulent aller plus vite et plus loin de faire chambre à part. Depuis des années je plaide pour une avant-garde ouverte aux états membres qui veulent aller plus vite  dans les domaines de la défense, de la politique extérieure …..

Il est temps de choisir entre déclin et survie.

L’Europe sociale c’est bien mais insuffisant. Les difficultés du présent appellent l’invention d’un avenir pas les solutions du passé. Il y a quelques années, le projet européen du PS c’était : L’Europe sociale c’est maintenant.

L’ Europe a besoin d’audace, d’un souffle immense et fort pour dominer les tempêtes : le souffle d’une grande ambition.


Jacques Vuillemin
Membre de NVS, le think-tank militant
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Une recomposition politique majeure.

Mardi 29 avril 2014 a marqué une nouvelle étape pour la gauche socialiste en France. 41 députés membres du PS, de différentes origines géographiques et de différentes sensibilités (UMA, Aubristes, indépendants, Gauche Populaire, Maintenant la Gauche), n’ont pas apporté leur soutien à la politique économique proposée par le gouvernement Valls. Après la première abstention de 11 députés lors du vote de confiance, ce second vote prend une ampleur importante. Il démontre que le gouvernement est privé de sa majorité absolue et que l’acceptation de sa politique économique n’est plus majoritaire au sein de l’Assemblée Nationale.
 
Dans la société, c’est moins d’1/4 des français qui soutiennent le Président de la République à la manœuvre depuis 2 ans. Au sein du Parti Socialiste, 1/3 des membres des instances prennent désormais officiellement position contre la politique proposée, et nombreux sont les élus qui la refusent mais ne souhaitent pas le dire. Beaucoup s’interrogent sur l’avenir d’un parti qui a perdu nombre d’élus et de militants, et qui est promis à d’autres pertes similaires lors des prochaines élections.
 
C’est un fractionnement fort du parti socialiste auquel nous assistons, autour d’une question de politique économique. Ce ne sont pas des problématiques d’arrangement personnel, d’investitures ou de pouvoir qui guident cet état de fait, mais le refus d’une évolution majeure : le plan de réduction de 50 Md€ du budget de l’Etat est en effet un glissement de la ligne politique du parti socialiste, depuis le socialisme « égalitariste » de la période Aubry vers l’accompagnement de l’économie libérale d’une ligne Hollande-Blair-Schröeder.
 
Ce décalage vers le centre n’est pas une surprise, et elle s’inscrit en cohérence avec la ligne centriste de Jacques Delors, qu’accompagnait alors François Hollande. Sa mise en application, pour la 1ere fois en France, oblige nombre de socialistes à s’interroger sur leurs propres convictions et la limite de leur soutien à ce gouvernement. On assiste actuellement à l’émergence d’une recomposition politique majeure, entre une ligne socialiste « jauressienne », une nouvelle ligne centriste d’accompagnement du libéralisme, et une politique purement libérale à laquelle l’UMP est de plus en plus réduit. Le tripartisme PS-UMP-FN dont on évoque l’émergence n’est en fait qu’une étape vers une démocratie refondée autour de cette question de l’accompagnement ou de la lutte contre la main invisible du marché.
 
Nous, socialistes, voulons faire contribuer les 1% les plus riches, pour que les 99% des autres vivent mieux. Taxer les très hauts patrimoines, réguler le système financier et rendre aux Etats la maîtrise de leur endettement, afin de faire bénéficier chacun, salarié ou non, des fruits de la productivité, et garantir une équité de vie par le renforcement des services publics.
 
C’est la « Voie Socialiste » que nous défendons.

Rémi Demersseman-Pradel
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